Qu'est-ce qu'un eurogame ?
Un eurogame est un jeu qui laisse peu de place au hasard : tout repose sur la stratégie et les autres mécanismes du jeu. Le mot d’ordre est simple : les actions ne sont jamais déterminées par un tirage de carte ou un lancer de dé au moment où elles se produisent. Le seul hasard toléré vient généralement des informations cachées, qui donnent au jeu toute sa rejouabilité. À partir de là, c’est au joueur de peser le «risk and reward» : foncer vers une information inconnue, ou au contraire jouer la sécurité.
C’est ce qui distingue le plus nettement l’eurogame de l’ameritrash : dans un eurogame, on présente une information et les joueurs gèrent ensuite ; dans un ameritrash, on effectue une action puis on utilise le hasard pour en déterminer l’issue.
Ce qui caractérise un bon eurogame
Un hasard maîtrisé plutôt que subi : quand le hasard existe, il se gère par le calcul et les probabilités plutôt que de s’imposer brutalement au joueur, comme peut le faire un lancer de dé dans un ameritrash. Le joueur a le temps de gérer les inconnues et les événements aléatoires qui surviennent.
Un thème qui reste un habillage : contrairement à des jeux très narratifs, le thème d’un eurogame sert surtout à rendre les mécanismes plus lisibles, sans forcément être le moteur de l’expérience.
Une rejouabilité portée par les choix : ce sont les combinaisons de décisions des joueurs, bien plus que le hasard des cartes ou des dés, qui font qu’aucune partie ne se ressemble.
Quelques eurogames à la loupe
Mage Knight
Mage Knight est l’exemple parfait de l’eurogame. Mise à part les informations cachées qui augmentent la rejouabilité (les tuiles qui forment le terrain sont révélées au fur et à mesure, et les ennemis sont placés face cachée alors que le pool de monstres possibles pour chaque lieu est connu à l’avance), le seul vrai hasard provient de la montée en niveau : deux compétences sont tirées depuis le pool du personnage, et le joueur a même le droit d’aller récupérer une compétence face cachée parmi toutes celles qui ont été défaussées pendant la partie, y compris celles des autres joueurs. C’est à ça que l’on reconnait un euro : plein de possibilités !
Scythe
Scythe est un bon exemple de la catégorie sous-représentée des jeux de stratégie compétitifs. Seuls les pions d’exploration et les objectifs distribués en début de partie, ainsi que la fiche de faction de chaque joueur, sont déterminés au hasard. Tout le reste est de la stratégie pure.
Teotihuacan
Teotihuacan utilise des dés pour représenter le niveau de ses ouvriers, mais ils ne sont jamais lancés : ce sont de simples marqueurs de valeur. Très peu d’informations restent inconnues dans ce jeu, tout se joue avec des valeurs fixes et connues de tous, et les joueurs disposent d’un grand nombre de choix d’actions.
Gaia Project
Gaia Project est également un parfait exemple du genre. Seuls les objectifs tirés en début de partie et la disposition initiale du plateau sont aléatoires : le reste ne dépend que des choix des joueurs.